OUZBEKISTAN 2025

Après les plages des caraïbes du mois de février dernier , changement radical d'ambiance et de type de voyage. En effet, direction l'Asie centrale,  région encore inconnue pour nous. De tous les pays composant cette zone ,l'Ouzbekistan est de loin celui qui est le plus ouvert au tourisme et le plus facile.

 Ouzbékistan - Atlas & cartes - Encyclopædia Universalis

Ouzbékistan - Atlas & cartes - Encyclopædia Universalis 

Beaucoup d'amalgame, voire d'inquiétude autour de nous car le novice assimile tout pays en istan à l'Afghanistan ou au Pakistan, effectivement proches géographiquement mais si différents du point de vue sécurité. 

Nos parents y avaient déjà fait un voyage il y a près de 10 ans et nos amis Odile et JB avait fini de nous convaincre l'été dernier. Alors go, sur une dizaine de jours, en dehors de l'été caniculaire et de l'hiver rigoureux.

Nous voyageons à 2 , assez rare, mais les enfants travaillent ou étudient et tous nos amis n'ont pas forcément la chance d'avoir autant de vacances que nous.

Notre trajet:


Samedi 12 avril

Vol turkish sans histoire via Istanbul pour Tachkent, capitale de l'Ouzbekistan où nous arrivons vers 1h du matin.

Première surprise, notre chauffeur n'est pas là. Précision importante,  j'ai délégué une grande partie de l'organisation du voyage à une agence locale, karavan travel , qui avait d'excellents retours sur tous les forums de voyage. J'avais des difficultés à trouver des billets de train ou d'avion internes et souhaitions aussi avoir des guides dans les villes que l'on souhaitait visiter. Mais d'entrée, je regrette déjà !

Par chance, un guide francophone nous voyant dans le pétrin nous aide à trouver un uber local: yandex, pour nous amener à notre hôtel.

Ici très peu de monde parle anglais . La population est russophone,  j'y reviendrai. 

Hôtel sympa et pas cher dans le sud de la ville que nous allons découvrir demain.

Dimanche 13 avril

Notre guide  Mohamed,  un jeune étudiant de 23 ans nous accueille en début de matinée. Il fait beau et chaud. Un chauffeur nous accompagne aussi et avec sa BYD chinoise ,il fait figure d’exception dans un pays où 90% des voitures sont des Chevrolet!

Tachkent n'est pas la ville la plus emblématique du pays mais elle présente quand même de l'intérêt.  Nous avons ainsi choisi de la découvrir en premier et sur une seule journée, ce qui est en général suffisant. 

Mohamed , très affable, nous explique énormément de chose sur l'histoire de la ville ,du pays,  ses coutumes, sa culture. C'est exactement ce que nous voulions pour bien nous immerger. 

L'Ouzbekistan est un pays jeune, indépendant depuis 1991 après 70 ans d'occupation soviétique et russe. Malgré les féroces efforts de ces derniers à éliminer la religion, c'est un pays où la population est quasi exclusivement musulmane et l'islam ,certes modéré car pratiqué suivant la tendance sunnite,  est omniprésent. 

Le premier arrêt est au musée des arts appliqués de Tachkent. L'architecture,  qui fait la renommée du pays, apparaît déjà dans cette ancienne madrassa (école coranique) qui se comptait par milliers à l'époque. 

Nous voyons les premières broderies,  tapis en soie, mosaïques, objets en porcelaine, costumes traditionnels,... Le musée n'est pas immense mais avec toutes les explications,  nous y passons facilement 1h.







Nous allons ensuite vers l'hôtel Uzbekistan,  symbole de Tachkent et de sa période soviétique. Immense hôtel construit en 1970, d'extérieur austère et rappelant un livre ouvert (le coran ?)

Le guide nous amène vers son sommet ou nous faisons face à la place Amir Temur et à certains bâtiments gouvernementaux. Vue sympa, sans plus.

 

Nous continuons à pieds, à travers la place où nous apprenons le rôle majeur de Amir temur, ou Tamerlan,  dans l'histoire ouzbek.  C'est lui en effet qui a chassé Gengis Khan et les mongols après que celui ci ait détruit et massacré tout sur son passage. C'est donc le héros national. 



Nous poursuivons vers la place de l'indépendance
face au sénat avant de faire un petit tour de métro.  Les stations ,à l'image des stations russes, sont superbes et toutes sur un style différent.  La plus connue ,cosmonaute,  nous vaudra une anecdote savoureuse de notre guide sur Youri Gagarine,  le premier homme ,soviétique,  à être allé dans l'espace. Mohamed nous raconte donc comment Gagarine,  une fois en orbite , à entendu la voix du prophète,  à travers l'appel à la prière! Nous n'avons évidemment pas contesté !







 
 A deux pas se trouve le palais du prince russe et futur tsar nikola romanov, à l'abandon. 
 

Nous allons ensuite manger dans un restaurant populaire et bien décoré pour goûter les spécialités locales. La plus connue est le plov, ou pilaf, du riz cuit dans la graisse de mouton, avec des légumes, pois chiches et du mouton. Gras et fort en goût, j'ai bien aimé mais c'est vite écœurant tellement c'est gras. Quand à sabine qui déteste le mouton, elle a failli recracher la première bouchée ! Le guide et le chauffeur mangent avec nous,  nous échangeons, c'est très sympa.

Les ouzbeks ne boivent pas d'eau au repas mais du thé,  vert ou noir, aromatisé à tous les gouts, vraiment excellent. Nous n'avons pas fait un seul repas du séjour sans boire du thé ☕️. 


 

Nous revenons ensuite dans le quartier animé de chorsu. Un grand bazar, à l'orientale,  s'y trouve.  A côté, le grand dôme renferme le marché,  très typique, odeurs, couleurs, peu de touristes. Le bas renferme la partie viandes et légumes, le haut les fruits secs,thés et épices. Nous voyons également la fabrication artisanale du pain, dont les ouzbeks raffolent.  Cuites dans de grands fours circulaires , les galettes sont un régal.














 Nous reprenons la voiture pour aller au complexe Khast Iman. Quelques travaux nous empêchent de voir l'ensemble de la grande place mais les premières coupoles turquoises associées à la brique beige apparaissent. Le lieu est religieux, mosquées et madrassas ,assez récentes, en nombre.  Le guide continue son travail d'information historique et culturel et bien que ce ne soit pas les plus beaux bâtiments du pays, la visite est intéressante pour un début de voyage.

 






 

Vers 18h, nous revenons à l'hôtel et cherchons un restaurant à proximité.  Une petite zone commerciale est proche,  le temps est légèrement pluvieux donc c'est assez peu animé. 

Coucher tôt car un avion matinal nous attend demain matin.

Lundi 14 avril

Réveil 5h, 6h à l'aéroport domestique pour traverser le pays vers l'ouest et atterrir à Ourguentch,  à la frontière du Turkménistan. Vol rapide sans retard d'une heure, il fait chaud à 8h30 à la sortie de l'avion ou nous attend notre chauffeur( le confort du voyage semi organisé,  je suis pas habitué !)


 

Par contre, Raoul ne parle pas du tout français évidemment mais anglais non plus. Pas très bavard donc , nous communiquons avec Google traduction. 

Nous sommes tombes sur un pilote de rallye refoulé et nous sommes les premiers touristes arrivés aux portes du désert à 1h au nord d'Ourguentch. Le désert est le kyzyl koum , qui recouvre les 3/4 du pays.

Paysages assez désolés,  quelques villages et des pierres ,du sable et un peu de végétation. L'intérêt touristique sont les forteresses oubliées,  au nombre de 50 mais dont quelques unes à peine sont ressorties du sable. Construites au IIIeme siècle, elles témoignent de la vie de l'époque avant que les arabes viennent islamiser la zone. La religion d'alors était le zoroastrisme,  selon laquelle tout est créé à base des 4 éléments eau, terre ,feu et air.

Les forteresses sont dans des états variables, de la ruine nécessitant une forte imagination au beau château rénové. Tous sont faits en torchis et nous sommes sceptiques sur le fait de laisser les touristes y marcher dessus et donc abîmer ces constructions.


 










 

Comme le chauffeur est un dingue, on a fini plus tôt que prévu mais on fait quand même la pause repas dans un restaurant classe de Ourguentch. On aura mangé entre 4€/p et 12€/p pendant le séjour. 


 

Nous arrivons à Khiva en fin d'après-midi ,pour 2 jours complets. 

Le temps s'est couvert , le coucher de soleil sur les remparts en brique ne sera pas pour ce soir.

L'hôtel est top, petite structure familiale à 2 minutes du centre historique. Propriétaires très gentils, on se déchausse à l'entrée,  belle décoration,  petit balcon qui donne sur le grand minaret, petit déjeuner excellent,bref 10/10 sur booking. Et 35€ la nuit...


 

Nous allons parcourir les centre ville au hasard ,la visite guidée est prévue demain. Beaucoup de charme, pas trop de monde, des scolaires venus visiter leur pays ainsi que des locaux ,on adore déjà Khiva.









 Restaurant chic mais pas cher à 20 mètres de là, on y continue la liste des spécialités locales ,souvent à base de viande et bien sur arrosé de thé parfumé.




Mardi 15 avril

Le temps est gris mais il n'est pas prévu qu'il pleuve, dommage simplement pour les photos, plus fades sous la grisaille. Nous rejoignons notre guide Rani à 9h à coté du minaret penché (la tour de Pise de khiva) et de la mosquée du vendredi.

 

Rani nous informe qu'une visite officielle du premier ministre tadjike est prévue aujourd'hui, c'est pourquoi les rues de la villes sont presque toutes vidées des marchants ambulants qui y pullulent. Tant mieux ,nous trouvons encore plus d'authenticité dans cette petite ville. Les musiciens répètent les femmes dansent ,génial!





 

Rani nous explique longuement l'histoire de la ville ,et donc aussi un peu de l’Ouzbékistan, cela complète bien les explications de la veille. Nous commençons par la porte d'entrée Ouest de la vieille ville adossée aux remparts . Des gardes en tenue traditionnelles attendent les délégations. Très imposants et impressionnants par leur taille ,leurs armes et leur chapeau de mouton ,porté par beaucoup de personnes ici en hiver.


 
En pénétrant dans la ville ,le minaret kalta minor attire tous les regard par sa forme particulière et ses tons de vert jade et bleu turquoise superbes. Cette  tour inachevée datant de 1855 devait être le plus haut minaret du monde musulman, atteignant 70 ou 80 mètres mais la construction n'a pu être achevée à cause de la mort du khan (souverain de l'époque). La construction a donc été arrêtée à 26 mètres et donne donc cette forme cylindrique étonnante. La totalité du minaret est entièrement et superbement décorée de majoliques et de carreaux de faïence.


 
Face au minaret , la plus grande et la plus belle madrasa parmi les 64 de la ville est la madrasa construite par le Khan de Khiva Muhammad Amin Khan.  La madrasa compte 2 étages, 130 chambres et 260 étudiants y étudiaient en même temps. Dans une Madrasa ,on enseignait des connaissances religieuses mais aussi profanes comme la grammaire arabe, la charia, les traditions religieuses, la littérature arabe et persane ,la logique ,la théologie, la géographie, ..., les jeux de divertissement et le chant étaient interdits. Parmi les étudiants diplômés de la madrasa, il y avait des poètes, des historiens, des poètes, des scientifiques et des intellectuels. Aujourd'hui cette madrasa est un hôtel, parfaitement restauré et qui se font dans le style local avec goût.





 Ensuite direction ,l'ancien palais du souverain avec sa prison et ses salles de torture illustrées par des dessins très explicites !

Le palais nous offre ses premiers murs entiers recouverts de céramiques ,servant de mosquée d'été. Le style de décoration que nous allons retrouver partout dans le pays avec comme point d'orgue Samarcande en fin de semaine. Mais c'est déjà très beau !






 
 Nous visitons un atelier de fabrication d'objets en bois ,l’artisanat est très riche ici ,avec le bois ,la coutellerie ,les faïences et porcelaine et bien sur les tapis en soie ou en coton.
 


 




 

Puis nous entrons dans différents mausolées ,mosquées ,madrasa ,musées ,très très nombreux un peu partout dans la ville, classée en totalité patrimoine mondial de l’Unesco. La visite de l'ancien harem est toujours marquante ,par rapport aux conditions de vie des nombreuses concubines et épouses du khan.


 












 

Khiva est aussi le berceau de Al khorezmi, fondateur de l'algèbre moderne et également astronome et géographe. Un petit musée lui est consacré ainsi qu'aux autres scientifiques de son époque tel le medecin avicène.



En fin d'après-midi ,nous montons sur les remparts qui ceinturent la ville ainsi que dans le plus beau des minaret : islam khoja. Montée assez sportive ,marches énormes, espace très exigu avec des croisement montée/descente compliqués ! Belle vue d'en haut sur la vieille ville ocre, mais sans soleil dommage...








Nous dinons de nuit sur la terrasse d'un restaurant face aux monuments illuminés ,un peu frais mais quelle vue! 









Mercredi 16 avril

Changement de programme pour aller à Boukhara ,3ème étape de notre séjour. Le train de 15h ,sensé arriver à 22h subit des travaux et l'agence me suggère de partir en voiture pour éviter les retards et la galère. 

Grand soleil toutefois au réveil, je sort tôt pour profiter de l'ambiance de la ville . A part quelques photographes et des femmes qui nettoient les rues comme chaque jour, il n'y a personne ( à noter que le pays dans l'ensemble est très propre).








 

Nous partons donc à 9h pour 7h  de route à travers la steppe ouzbek ,pas grand chose à voir ou à faire , du désert ,quelques villes ,du désert. Il fait très chaud surtout que le chauffeur ne connait pas la clim!

Arrivée à Boukhara sous un superbe soleil en fin d'après-midi. La pluie est prévue pour les 2 prochains jours donc on s'empresse de sortir pour nous promener dans la ville.

Boukhara "la sainte" est bien plus grande que Khiva. C'est un lieu de pèlerinage important pour les musulmans sunnites et une étape importante sur les routes de la soie, réseau ancien de routes commerciales entre la chine et l’Europe,  que nous parcourons en partie sur ce voyage.

Notre hôtel est à nouveau au cœur de la vieille ville ,donc nous arrivons vite à la belle place lyabi hauz ,très agréable avec un grand bassin entouré de verdure face a la superbe Nadir Divan Begi Madrasa.






 

La plupart des rues sont piétonnes ,il y a beaucoup de marchands de souvenirs y compris dans les anciennes madrasa ou mosquées qui ont donc perdu leur rôle primitif. C'est un point un peu regrettable que cet envahissement par les vendeurs locaux de tous les lieux historiques ou presque.

 

Nous arrivons rapidement vers la place kalon avec son grand minaret face à la mosquée poi kalon. L'image de l’Ouzbékistan ,c'est ça ,ce grand minaret majestueux posé à coté des grandes portes richement décorées de mosaïques bleues et de coupoles turquoises. A l’intérieur de la mosquée ,les perspectives sont aussi belles et tant pis si on revient demain ,on l'aura vu sous le soleil! 















 



A noter que la ville, comme à khiva est dans un état de restauration quasi neuf ainsi que les rues piétonnes. Ceci est le fruit de la politique de reconstruction du pays par le premier président karimov suite à l'indépendance de l’Ouzbékistan en 1991. Auparavant ,le régime soviétique ,arrivé en 1920 avait tout détruit. L'héritage culturel et religieux n'était pas vraiment compatible avec la doctrine stalinienne.

L’Ouzbékistan est donc un pays jeune ,tenu assez autoritairement au début (et un peu encore maintenant) mais les résultats sont là. Le pays s'ouvre ,les échanges avec les puissances mondiales s’intensifient et les touristes affluent (enfin ceux qui ne croient pas atterrir en Afghanistan!) . Un 2ème président est aujourd'hui en place ,le régime n'est pas encore une république démocratique comme on peut l'entendre mais cette façon de diriger est à comparer avec celle de pays voisins où l'intégrisme s'est totalement imposé. 

Retour à Boukhara, on dine sur la terrasse de l’hôtel mercure ,on ne se refuse rien mais à 8€/p ça passe!

Balade nocturne magnifique, les éclairages mettent en valeurs les monuments de façon très photogénique. 










 
 Jeudi 17 avril

Comme prévu il pleut, c'est la loose. Notre guide etibor nous récupère à 9h et nous suivra pendant 2 jours.  

Le programme du jour est la visite des principaux sites du centre de boukhara.

Nous commençons donc par le mausolée des samanides ,très ancien, et parfaitement conservé. Architecture classique d'un mausolée islamique : un carré surmonté d'un dôme. La guide nous explique que ce mausolée ,le plus vieux bâtiment islamique d’Asie centrale a échappé à la destruction des armées mongols de gengis khan car les habitants de boukhara l'avait enfoui sous le sable  (redécouvert en 1930). 


Nous poursuivons à pieds (et sous la pluie) vers la mosquée bolo hauz ,assez haute et remplies de colonnes en bois et avec plafond à caissons aux couleurs lumineuses. 


Puis nous entrons dans la forteresse de l'ark qui domine la ville de façon imposante avec ses remparts similaires à ceux de la veille ville de khiva.

Le guide est nécessaire car la forteresse abrite quelques petits musées mais sans aucune explication. La salle du trône et la vue sur la veille ville sont les points les plus intéressants de la citadelle.





 


Nous revenons vers la place kalon et revisitons la mosquée poi kalon avec les explications mais sans la belle lumière.



Après le repas ,visite de la fabrique de tapis . Les femmes ouvrières travaillent 8h par jour ,sur le sol et mettent plusieurs mois pour finir un tapis de soie. Certains sont très beaux mais très chers aussi. Visite intéressante quand même .

 











Puis les 2 madras ulug'bek et abdulaziz khan ,magnifique avec ses tons roses. Et enfin arrivée à la place lyabi hauz ,un peu tristounette car vidée de ses touristes ,mauvais temps oblige.



 

Nous finissons la visite guidée vers 17h ,repos et douche chaude avant d'aller diner à ayvan ,dans un superbe cadre rappelant le palais d'été de l'emir où nous irons demain.


 

Malgré la pluie ,journée agréable car riche en histoire ,culture ,architecture. Notre guide nous apporte un vrai plus bien que celle ci soit d'un niveau de connaissances et de français légèrement inférieur aux précédents.

Vendredi 18 avril

Un chauffeur nous amène en 30 minutes au Bakhauddin Nakshbandi , lieu de pèlerinage pour les musulmans et endroit majeur du soufisme. Bel ensemble de mosquées dans un cadre agréable ,vert et très bien entretenu. Nous nous promenons dans les jardins jusqu'au tombeau de la mère de Shah Naqshbandi. Peu de touristes ,beaucoup d'ouzbeks qui viennent en groupe. Particularité, les hommes se regroupent entre eux et visitent ,les femme en font de même . Il est assez rares de voir des groupe mixtes ,surtout chez les vieux.









 

Nous poursuivons toujours dans les environs de boukhara par le palais d'été du dernier émir ,chassé par les bolcheviques en 1920.

Le palais ,restauré est magnifique ,dans un grand parc. Il renferme un musée des arts décoratifs et appliquées avec  du mobilier du tournant du XIXe siècle et du XXe siècle, de la porcelaine chinoise et japonaise, des bijoux issus des ateliers de Boukhara , de l'orfèvrerie locale, des vêtements boukhariotes, des broderies (suzanis) et de la vaisselle  (tapis, linge, céramique, etc. de différents styles régionaux). 

 

















Nous revenons vers la ville pour aller voir la petite mosquée chor minor avec ses 4 minarets, dernier bâtiment en état de l'école coranique qui était là.




Nous mangeons en ville ,en terrasse mais la pluie s'invite et nous oblige à un peu de repos l'après-midi. 

Samedi 19 avril

Matinée libre ,notre train pour samarkande part à16h. Il fait toujours assez gris et il pleuviote. Nous allons vers le musée Fayzulla Khodjaev.

 Le musée de la Maison Fayzulla Khodjaev est dédié à la mémoire de l’une des personnalités politiques les plus brillantes de l’histoire de boukhara. Khodjaev était le chef des Jadids-les jeunes Boukhariens, un mécène des arts, ainsi qu’un combattant pour l’égalité des droits. Le musée est un magnifique exemple de l’architecture résidentielle du XIXe siècle.

La superficie de la maison est de 3 hectares et se compose de trois parties : les moitiés économiques, masculines et féminines. Les fourgonnettes, les salons, les salons sont décorés de magnifiques sculptures et peintures sur bois.

F. Khodjaev a dirigé la République soviétique populaire de boukhara et, en 1925-1937, il a été le premier Président du Conseil des Commissaires du Peuple de la RSS d’Ouzbékistan, 

En juillet 1937, il a été arrêté et, avec un groupe d’éminents révolutionnaires et ouvriers du parti et en mars 1938, il est abattu.

Visite assez rapide et éloignée du circuit touristique classique mais agréable.


Le musée de la Maison Fayzulla Khodjaev, Boukhara | Travel Land

 









Nous tuons le temps en ville ,la météo s'améliore. A 16h ,nous montons dans le TGV super moderne de la société de chemin de fer ouzbek. Service++, confort ,ponctualité , qu'en pense la SNCF?



 


Hélas la pluie nous accueille à Samarkande ainsi que notre chauffeur ( c'est quand même cool de ne pas avoir à penser comment se déplacer par soi même dans un pays qui ne parle pas anglais!) 

La première impression est que la ville est grande ,immense même ,je ne m'attendais pas à ça. En fait , plus d'un million d'habitants ici , 2ème ville après Tachkent.

Hôtel à 5 minutes de l'illustre place du registan, l'endroit le plus connu du pays ,voire d’Asie centrale. Très déçus par l’hôtel ,nous avons une chambre bien différente des photos de booking. Pourtant les avis étaient bons. Pas grave ,la nuit revient à 45€ avec petit dej et nous serons souvent dehors.

Nous allons manger dans un restaurant local ,super bon et ne pouvons résister à aller jeter un coup d'oeil à la place du registan. Effet garanti à la première vue, c'est somptueux et d'une autre échelle de ce que nous avons vu ailleurs. En fait ,nous avons dans l'ordre du plus intimiste à khiva au plus flamboyant à samarkande. 






 

Dimanche 20 avril

A l'assaut de samarkande! Sous le soleil revenu, nous démarrons avec khurshid ,un jeune guide vraiment super, le meilleur de notre séjour. Professeur de français à l'université, très cultivé et fin connaisseur de l'histoire de France, ouvert sur de nombreux sujets et parlant un français impeccable.

A propos d'école, l'Ouzbekistan semble y attacher plus d'importance que la France. En effet , Les professeurs en Ouzbékistan jouissent d’une rémunération très correcte qui attire encore aujourd’hui les talents. 

Il leur est possible d’accroitre leurs revenus en fonction de leurs compétences, de leur niveau de langue (un certificat C1 confère +50% de salaire et est revalidé tous les 3 ans, obligé de rester à niveau).

Chaque année, ou deux fois par an, les professeurs peuvent passer un examen théorique, avec classement, et plus ils sont « bons », mieux ils peuvent être rémunéré. 

Au final, un bon professeur gagnera entre 1000 et 1500€ dans un pays où le salaire moyen avoisine les 200/300€.

Retour donc à Samarkande et au mausolée de tamerlan ,gour emir. Il y a foule ,le dimanche est férié et de nombreux écoliers sont venus visiter le monument.

Construit au début du XVe siècle, il est l'un des exemples les plus remarquables de l'architecture timouride et abrite la tombe de Tamerlan ainsi que celles de certains membres de sa famille et de ses conseillers.

Amir Temur ,omniprésent depuis notre arrivée en Ouzbékistan est le personnage central du pays. Grand conquérant ,à l'instar de gengis khan et d’Alexandre le grand (mais moins connu que ces 2 là) ,il a vécu au XIVè siécle et a fondé l'empire timouride qui occupait la majeure partie de l'asie centrale. Connu surtout pour ses campagnes militaires toutes couronnées de succès ,Tamerlan a fait de samarkande un centre majeur de culture ,de savoir et d'architecture islamique.

Son tombeau repose donc là et semble encore vénéré par la population ouzbek. A ses coté son petit fils et également roi ulugh begh, surtout connu pour ses avancées scientifiques majeures en astronomie.

L'architecture est magnifique ,parfaitement restaurée après les destructions soviétiques du XXème siècle.








 

Direction ensuite le point névralgique de samarkande : la place du Registan, ou place du sable, connue dans le monde entier et que nous avions vue de nuit hier soir. Il y a foule aussi mais avec les guides ,jamais de queue aux caisses ! 

3 grandes madrasas entourent la place avec chacune des décors uniques. des coupoles et des minarets subsistent mais moins qu'à l'origine. Évidemment inscrit au patrimoine de l’Unesco depuis 2001,la place était le cœur de la ville à l'époque des routes la soie et pouvait servir de place d’exécution publique et de châtiments corporels. c'était aussi des lieux d'apprentissages symbole de la grandeur scientifique

L'impression est un mélange entre le raffinement des mosaiques colorées et des arabesques alliées à l'immensité de portails colossaux. A l'intérieur des 3 madrasa ,trop de marchands de souvenirs par contre ,un peu dommage.

 












 




Pause repas et visite dans la foule de la mosquée bibi khanum, l'épouse de tamerlan. Bâtiment massif mais majestueux ,on est frappé par sa taille de mastodonte. 




La mosquée est collée au grand bazar que nous parcourons vite fait. Toujours à pieds nous arrivons au mausolée d'ismam karimov ,le premier président du pays de 1991 à 2016. Encore très populaire , il a remis l'ouzbekistan sur la carte du monde ,s'est libéré du joug soviétique ,tout ça d'une main de fer comme déjà dit plus haut.





 

La promenade ,très agréable avec de nombreux parcs, continue vers la nécropole shah-i-zinda ,ensemble de mausolées du même style que tous le reste , c'est à dire magnifiques car en enfilade les uns après les autres. Y sont enterrés les femmes et enfants des émirs. A ses pieds le grand cimetière musulman de la ville.





 

La journée a été dense et riche mais avant de rentrer pour un peu de repos ,je demande au guide si le coiffeur situé à coté peut me couper les cheveux et me raser. C'est OK et tout ça pour 100 000 sums soit 7€. Très bonne expérience ,le coiffeur est très minutieux et je ressors ,coiffé ,rasé et parfumé de près! 




 A 20h nous sommes aux premières loges pour le spectacle son et lumière sur le régistan. Un peu d'attente mais ça en valait la peine ! 







 

Lundi 21 avril

C'est l'anniversaire de Sabine! Comme souvent ,nous sommes en voyage ce jour là et cette année c'est en Ouzbékistan et ce jour coïncide avec la mort du pape François ,qui passe totalement inaperçue ici ,dans un pays  musulman à 90% ! 

Direction le sud de Samarkande et la ville de Chakhrisabz située à 80km. Nous traversons une zone montagneuse ,des paysages nouveaux apparaissent , cette vallée est très verte comparée aux déserts du nord.






 


Chakhrisabz est la ville natale de tamerlan. Un immense parc moderne et bien végétalisé occupe le centre ville. C'est sur que l'authenticité en a pris un coup mais on s'y promène avec plaisir.

La grande statue de tamerlan est immanquable. Des écoliers venus s'exercer au dessin font l'école face à la grande mosquée aux toits bleus. Incomparable avec l'architecture de samarkande ou de Boukhara mais cette visite ,loin d’être incontournable, nous a permis de sortir des zones urbaines. Repas dans la montagnes avec une belle vue, et toujours excellent. Un marché local occupe le col ,quel que soit la météo . Et aujourd'hui il ne fait déjà pas chaud là haut, on imagine en plein hiver!











 

Nous passons la fin d'après midi à nous promener dans samarkande dans des parcs fleuris . Tiens ,à nouveau tamerlan ,sur son trône ce coup ci.



 
Mardi 22 Avril

Dernier jour de visite ,le retour en avion est prévu la nuit suivante. Je profite de l'heure matinale pour un dernier coup d’œil au régistan, sans personne ou presque.






 

Changement de guide ,c'est zora qui nous prend en charge. Français parfait, elle nous emmène tout d'abord à la fabrique de papier de samarkande ,réputée aussi pour cet artisanat. Visite sympa ,on y voit toutes étapes de la confection du papier ainsi que l'huile de coton qu'on met dans le plov et pourrait être la cause des mes maux d'estomac!

 











 

Nous allons ensuite à l'observatoire astronomique du roi mirzo ulugh begh, dont j'ai déjà parlé plus haut. Un petit musée retrace ses travaux, avec des résultats étonnement précis pour son époque. Un partie du sextant qui lui a permis de faire tous ses calculs et observer la rotation de la terre. Pas mal pour un roi!




 


On poursuit toujours en périphérie par le musée afrasiyab qui retrace l'histoire pré islamique. Quelques pièces en bon état mais bof ,pas incontournable.


 

Lunch dans un restaurant local pour gouter les mantis ,somsa avec le sacrosaint thé dont nous avons respecté la tradition jusqu’au bout!

Visite ensuite d'une usine de tapis ,pourquoi pas ,on en déjà vu mais ça fait passer le temps. Et bien super visite avec une guide très pêchue et pleine d'humour. L'atelier a quand même reçu la visite de tous les chefs d'états de passage à samarkande, c'est donc une valeur sure. Beaucoup d'explication ,de démonstration et pas d'insistance pour acheter ,1h vite passée et très agréable. 





 

Pour terminer comme un symbole ,nous faisons le tour des...églises de la ville! Orthodoxe ,catholique et arménienne. Elle ne font pas le plein mais cela prouve qu'il est possible de croire en autre chose que Allah en Ouzbékistan. Toutefois rien de remarquable dans ces églises à comparer aux monuments islamiques du coin!






 

Retour un peu longuet mais on a l'habitude. Train de 3h jusqu'à Tachkent. Encore impeccable ,super service ,confort et ponctualité. A 21h ,un chauffeur nous amène à l'aéroport  pour un vol à 2h30. Au moins on sera pas en retard. Dernier repas de spécialité, personnellement jamais je ne me suis lassé de la bouffe ouzbek.

Arrivée à Istanbul à 6h et à Toulouse à 11h. RAS comme à chaque fois avec turkish.

 

Bilan:

Nous rentrons heureux de ce voyage. Comme dit au début, si différent des plages caribéennes de Février mais c'est aussi ça que nous aimons quand nous partons , la diversité des lieux ,des cultures ,des peuples et de leur histoire. 

L'architecture ouzbek est exceptionnelle et n'a fait que monter crescendo tout au long du voyage pour finir avec la merveilleuse samarkande. Pour autant,nous avons un coup de cœur pour l’atmosphère intimiste unique et l'authenticité de la ville de khiva. Évidemment ,le style est souvent le même mais nous n'avons pas senti de redondance dans chaque ville visitée.

Peu de paysages spectaculaires ,il nous a manqué quelques jours pour aller vers la mer d’Aral ( grande victime de notre société contemporaine) ou la riche vallée de la fergana à la frontière du Kirghizistan et du Tadjikistan. Au nord ,le Kazakhstan s'ouvre de plus en plus aux touristes, il n'est donc pas exclu de revenir dans le coin.

Le plus énorme de ce voyage restera les échanges très nombreux avec nos guides locaux sur un tas de domaine de société ,l'éducation, les modes de vie, la religion, la politique,... . Les ouzbeks sont un peuple accueillant ,souriant et généreux. Le pays reste méconnu du grand public ,peu savent même bien le situer. 

Enfin ,nous avons testé le voyage semi-guidé avec chauffeurs et guides personnalisés qui nous a apporté une tranquillité d'esprit que je ne connaissais pas! A renouveler dans des endroits qui s'y prêtent.

Prochain (grand) départ , cet été en Europe mais loin des foules et de la canicule.

 

Bonus : Visages d'Ouzbékistan , photos volées ou non ...


 

 

 









































 




 

 


 

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